Administrateur à l’Assemblée nationale

Administrateur à l’Assemblée nationale

Témoignage de M. Georges Bergougnous, Administrateur à l’Assemblée nationale et Directeur du service des Ressources humaines de l’Assemblée nationale

Comment définiriez-vous votre métier ?

L'administrateur des services de l'Assemblée nationale apporte un concours technique, de nature essentiellement juridique, à l'ensemble des députés quelle que soit leur appartenance politique. Il est également appelé au cours de sa carrière à remplir des fonctions administratives plus classiques pour assurer la gestion de l'institution.

Quel a été votre parcours universitaire pour devenir administrateur de l’Assemblée Nationale ?
Les lauréats des concours d'administrateur sont le plus généralement passés par les instituts d'études politiques et les facultés de droit, avec une très nette dominante en droit public. Il n'est pas rare désormais de voir réussir au concours d'anciens élèves des écoles normales supérieures.

Décrivez-nous une journée de travail ?
La particularité de ce métier est précisément qu'il n'y a pas d'horaires réguliers. 
Les fonctionnaires parlementaires doivent donc en permanence s'adapter aux exigences du fonctionnement de l'Assemblée. Le règlement intérieur dispose ainsi que « les secrétaires généraux fixent la durée du service de telle manière que l'exécution du travail soit toujours assurée par la présence d'un personnel suffisant ». Un administrateur en poste au secrétariat d'une commission permanente, ou plus généralement d’un pôle législatif et de contrôle – c'est à dire 80% de l'effectif des administrateurs et conseillers chargés de mission – peut ainsi être très tôt sur le pont pour une réunion de travail avec son rapporteur et rentrer chez lui aux petites heures du lendemain matin après une longue séance de nuit dans l'hémicycle.

Quelles sont les perspectives d’évolution de votre métier ?
Il y a déjà une certitude, sauf à désespérer de la démocratie, c'est la pérennité de l'Assemblée et le renforcement de la place de la représentation nationale, comme l'attestent d'ailleurs les récentes révisions constitutionnelles. Des lors, on peut penser que le rôle des administrateurs suivra ce mouvement, tout particulièrement dans le domaine du contrôle, dont la place a été clairement consacrée à l'article 24 de la Constitution.

Selon vous, quelles sont les qualités requises pour exercer votre métier ?
Assurément, et au premier chef, la disponibilité, du temps comme de l'esprit.
Ensuite, l'adaptabilité, qui doit permettre de travailler, en donnant le meilleur de soi-même,avec des personnalités très différentes.
Enfin, la réactivité, car il faut souvent travailler dans l'extrême urgence en faisant face à une nouvelle priorité ou à des changements de dernière minute.
Tout cela, bien sûr, en respectant une règle d'airain, celle d'une parfaite neutralité politique,car le fonctionnaire parlementaire est au service de la représentation nationale tout entière.

Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre métier ?
C’est certainement la chance de travailler au coeur du système institutionnel, dans un environnement privilégié, en développant des contacts avec des personnalités très différentes et en contribuant, chacun à sa place, au « bon fonctionnement du débat démocratique », dont le Conseil constitutionnel a fait une exigence constitutionnelle dans sa décision 370DC du 30 décembre 1995.

Et enfin, quel(s) conseil(s) prodigueriez-vous aux jeunes étudiants qui souhaiteraient suivre votre voie professionnelle ?
S'assurer que ce métier – ou plutôt ces métiers, car un administrateur est appelé dans sa carrière à en assurer plusieurs au service de la représentation nationale – correspond bien à ses attentes.
Il faudra notamment savoir travailler dans l'ombre et ne pas tenter de faire prévaloir ses idées personnelles.
S'intéresser bien sûr à l'actualité, au rôle du Parlement, à son fonctionnement et aux dernières évolutions du droit parlementaire.
Certains candidats au concours ont effectué un stage dans les services de l'Assemblée – celle-ci offre en effet des possibilités en ce domaine – mais ce n'est nullement une condition indispensable. Il faut surtout travailler sérieusement à la préparation du concours, car il est particulièrement exigeant : 684 candidats inscrits, pour 14 lauréats en 2013.