30 jan 18:22

Propriétaires d'animaux, une responsabilité étendue

Pour les étudiants en

L2

La Cour de cassation s'est prononcée sur la responsabilité des propriétaires de chiens à l’origine d’un accident, alors même que ceux-ci ne seraient pas entrés en contact avec la victime.

Cass. 2e civ., 17 janv. 2019, n° 17-28861

 

Faits de l'espèce : 

Une personne a été victime d'une chute de cheval alors qu'elle se promenait avec un autre cavalier dans une impasse. Deux gros chiens non tenus en laisse s'étaient brusquement mis à courir vers les cavaliers, provoquant la chute de l'un d'eux, alors même qu'ils n'ont démontré aucune agressivité. 

La victime a assigné avec ses parents les propriétaires des chiens et leurs assureurs en indemnisation de leurs préjudices, en présence de la caisse primaire d'assurance maladie.

 

Solution de la Cour : 

Le fait que ces deux gros chiens non tenus en laisse soient arrivés en courant d'un talus en surplomb non visible a accentué l'effet de surprise et de peur au moins pour le premier cheval, caractérise ainsi le comportement anormal des chiens et peut, par ces motifs, retenir que les propriétaires des chiens à l'origine du dommage, doivent indemniser les demandeurs.

 

Pour aller plus ploin : 

La responsabilité des animaux vous rappelle très certainement votre cours de L2 sur la responsabilité du fait des choses.

La responsabilité du fait des animaux amène à définir quels sont les animaux du fait desquels on doit répondre, et ce qu’est le fait de l’animal.

1/ Les animaux dont l’homme doit répondre sont ceux qui sont appropriés. Cela exclut ainsi les animaux en l’état de nature. Peu importe, en revanche, que l’animal soit ou non effectivement gardé : c’est précisément lorsqu’il s’est échappé qu’il est le plus dangereux.

2/ Il y a fait de l’animal dès que celui-ci a eu un rôle causal dans la production du dommage. Il n’est pas nécessaire dans ce cas qu’il y ait eu un contact matériel entre l’animal et sa victime.
Ex : une personne effrayée par l’animal chute et se blesse : il y a fait de l’animal. Autrefois, on exigeait que l’animal eût une initiative indépendante de la conduite de l’homme qui le gardait ; par exemple, un cheval emballé. Cette condition a été atténuée ; elle ne signifie plus, maintenant, qu’une simple participation de l’animal à l’accident.

 

  POUR S'ENTRAÎNER  

En savoir plus

 

  POUR APPRENDRE  

En savoir plus

 

  POUR APPROFONDIR  

En savoir plus

Articles recommandés
Mercredi 27 Mai 2020 - 13:22
Plan 1. Invalidité d’un acte de droit souple européen soulevée à l’appui d’un recours contre un acte de droit souple national 2. Injonction de donner une publicité à l’abrogation d’un acte de...
Mardi 12 Mai 2020 - 17:50
  A RETROUVER SUR  Cliquez sur l'image pour lire l'article 
Mardi 5 Mai 2020 - 16:18
Sommaire  I – La période juridiquement protégée II – La prorogation des délais A – La prorogation des délais pour les actes et formalités incombant aux parties 1 – Cette « prorogation...
Mardi 14 Avril 2020 - 14:01
Plan 1 - Une définition claire, une jurisprudence obscure 2 - Le Covid-19 peut-il être qualifié de force majeure ? 3 - Un évènement incontrôlable par le débiteur 4 - La maladie doit être...
Mardi 31 Mars 2020 - 16:01
Cass. ass. plén., 13 janv. 2020, no 17-19963 SOMMAIRE I – La confirmation d’une fiction juridique par la preuve du manquement contractuel II – Les dangers de la confirmation de l’arrêt...
Lundi 2 Mars 2020 - 10:33
Pour les étudiants de L2 et plus Le droit des obligations et sa responsabilité civile... voilà une matière qui effraie de nombreux étudiants, de la 2e année à la #Teamjuriste préparant les...
Mercredi 26 Juin 2019 - 14:12
Lire la décision du TA de Montreuil n° 1802202 ► Faits :  Une ancienne habitante de la Seine-Saint-Denis, agissant en son nom propre et au nom de sa fille mineure (souffrant d’un...
Vendredi 21 Juin 2019 - 10:07
Arrêt - Cass. 2e civ., 20 juin 2019, n° 18-13968 Un étudiant au sein lycée forestier, qui effectuait un stage au sein d’une société, est victime d’un accident du travail pris en charge au titre de...
Mercredi 24 Avril 2019 - 16:19
Lire la décision du Conseil d'Etat rendue le 24 avril 2019 - n° 428117 Le juge des référés du Conseil d’État a examiné si les conditions posées par la loi pour interrompre les traitements d’une...
Mardi 23 Avril 2019 - 16:29
Le Conseil d’État rejette les demandes de rapatriement de ressortissantes françaises et de leurs enfants retenus en Syrie >> https://t.co/ppRgMGgVCN pic.twitter.com/jxxiDy2zAV — Conseil d'...